Le Prince Alexis raconte sa capture et son asservissement

 

QUAND vint le temps d’envoyer des Tributs à la Reine, commença le Prince Alexis, je ne m’étais nullement résigné à l’idée d’être choisi. D’autres Princes furent amenés pour partir avec moi, et on nous expliqua que notre service auprès de la Reine ne durerait guère plus de cinq années, et que nous rentrerions empreints d’une sagesse, d’une patience et d’une maîtrise accrues, et de toutes les vertus. Naturellement, j’en avais connu qui avaient servi, et quoi qu’on leur fît défense de parler de ce qui leur était arrivé, je savais que c’était un calvaire et je chérissais ma liberté. Aussi, quand mon père me dit que je devais partir, je m’enfuis du château et je vagabondai par les villages.

« Je ne sais comment mon père a reçu ces nouvelles. C’est un parti de soldats de la Reine, ayant investi le village où je me trouvais, qui m’enleva, avec un certain nombre de garçons et de filles du commun destinés à d’autres espèces de service. Ces derniers étaient livrés à des Seigneurs et des Dames de moindre rang pour servir dans leur manoir. Les Princes et les Princesses comme nous ne servent qu’à la Cour, je suis persuadé que vous ne l’ignorez pas.

« C’était une journée brillamment ensoleillée. Je marchais seul dans un champ au sud du village, à écrire de tête ma poésie, quand j’aperçus les soldats de la Reine. J’avais mon épée à double tranchant, naturellement, mais je fus encerclé sur-le-champ par six cavaliers. Aussitôt que j’eus compris qu’ils entendaient m’emmener comme esclave, je sus qu’ils appartenaient à la Reine. Ils me lancèrent un filet et me désarmèrent. Je fus dénudé sur les lieux, et jeté en travers de la selle du Capitaine.

« Cela suffit à ma fureur et à me faire combattre pour ma liberté. Vous pouvez imaginer, les chevilles liées avec une méchante corde, les fesses nues, à l’air, la tête ballottée. Le Capitaine posait ses mains sur moi dès qu’il était désœuvré. Il pinçait et aiguillonnait à sa guise, et paraissait jouir de son avantage.

La Belle tressaillit à ce récit. Elle était à même de se représenter parfaitement la scène.

« Ce fut un long voyage jusqu’au Royaume de la Reine. On me traitait rudement, guère mieux qu’un bagage, ligoté la nuit à un poteau devant la tente du Capitaine, et bien que personne n’eût été autorisé à me violer, j’étais mis au supplice par les soldats. Munis de tiges de bambou et de bâtons, ils me taquinaient les organes génitaux, me touchaient le visage, les bras et les jambes, tout ce qu’ils pouvaient. J’avais les mains liées au-dessus de la tête ; j’étais tout le temps debout, je dormais ainsi. Les nuits étaient assez chaudes, mais j’étais très misérable.

« Toutefois, il y avait dans tout ceci une certaine sagesse. J’étais promis à la Reine elle-même, en vertu du traité passé avec mon père. Et naturellement j’avais hâte de me défaire de ces rudes soldats. Chaque journée de cheval ressemblait à la précédente, juché comme je l’étais en travers de la selle du Capitaine. Fréquemment, il me giflait avec ses gants de cuir, par jeu. Il laissait les villageois s’approcher de la route sur notre passage. Il me raillait, m’ébouriffait les cheveux, et m’affublait de sobriquets. Mais il ne pouvait pas vraiment se servir de moi.

— Songiez-vous à vous enfuir ? s’enquit la Belle.

— Sans cesse, répondit le Prince. Mais j’étais tout le temps au milieu des soldats, et complètement nu. Même si j’avais réussi à gagner la chaumière d’un villageois ou la hutte d’un serf, on m’aurait maîtrisé et ramené, en échange de la rançon promise. Plus encore de dégradation et plus encore d’humiliation. J’allais à cheval, les mains et les pieds attachés, jeté ignominieusement en travers de la monture, en état de fureur.

« Mais à la fin nous atteignîmes le château. On me fit la toilette, on m’oignit, puis je fus amené devant Sa Majesté. Elle était d’une froide beauté. Cela me fit impression, sur-le-champ. Jamais je n’avais vu d’aussi beaux yeux, et pourtant si froids. Et comme je refusais de rester silencieux ou d’obéir, cela la fit rire. Elle ordonna que l’on me bâillonne avec une pièce de cuir. Je suis sûr que vous en avez vu de semblables. Eh bien, la mienne fut attachée de sorte que je ne pouvais la retirer. Puis elle me fit passer des entraves de cuir, afin que je ne puisse me dresser et que je reste à quatre pattes. Je pouvais bouger, mais pas me lever, car le collier de cuir passé autour de mon cou était assujetti par des chaînes de cuir à des bracelets de cuir passés autour de mes poignets, et ceux-ci à des bracelets entourant mes jambes au-dessus de mes genoux. Mes chevilles étaient liées, aussi ne pouvais-je guère les écarter. Tout cela était fort bien pensé.

« Puis la Reine prit sa longue laisse – comme elle l’appelle – pour me conduire. C’était une badine avec, à son extrémité, un phallus enchâssé dans le cuir. Je n’oublierai jamais la première fois que je le sentis pénétrer mon anus. Elle le poussait en avant, et malgré moi j’avançai droit devant elle comme un petit animal docile, quand elle me le commandait. Et quand je me couchais pour refuser d’obéir, elle ne faisait que rire, et se mettait à l’ouvrage à coups de battoir.

« Eh bien, j’étais farouchement rebelle. Plus elle me battait, plus je grognais et refusais d’obéir. Aussi me fit-elle pendre la tête en bas et battre comme plâtre durant des heures. Vous imaginez aisément quel malheur c’était. Mais comprenez, d’autres esclaves me regardaient, en proie à la plus grande confusion. Être dévêtu, menotte, commandé à coups de battoir, voilà qui était bien assez pour les faire obéir, et qui allait de pair avec la conscience de ne pouvoir s’échapper et de devoir servir plusieurs années, ce qui les désespérait.

« Pourtant, sa magie n’avait aucune prise sur moi. Quand on m’avait pris pour me pendre la tête en bas, mes fesses et mes jambes étaient endolories par les coups de battoir, mais je n’y prêtais garde. Et toutes les tentatives pour exciter mon organe avaient échoué. J’étais trop entêté.

« Sire Grégoire me faisait la leçon à n’en plus finir. Le battoir était bien plus facile à supporter avec un organe érigé, me disait-il ; avec le désir courant dans mes veines, je verrais à quoi cela rimerait de complaire à ma maîtresse. Je n’écoutais pas.

« La Reine continuait de me juger amusant. Elle me dit que j’étais plus beau que tous les autres esclaves qu’on lui avait envoyés. Elle me fit attacher au mur dans ses appartements, nuit et jour, afin de pouvoir me surveiller. Mais il était encore plus vrai qu’ainsi je pouvais la surveiller et la désirer.

« Bien sûr, au début, je ne la regardais pas. Mais peu à peu, je me mis à l’étudier. J’appris chaque détail de sa personne, ses yeux cruels, sa lourde chevelure noire, ses seins immaculés et ses longues jambes, et sa manière de s’allonger sur le lit, de marcher, ou de prendre si délicatement ses repas. Naturellement, elle me faisait battre régulièrement. Et une chose étrange arriva. Les coups de battoir étaient les seuls à pouvoir rompre mon ennui du moment, à l’exception des moments où je la regardais. Aussi la regarder et me faire battre commença-t-il de m’intéresser.

— Oh, elle est diabolique, souffla la Belle. Elle comprenait tout cela à la perfection.

— Naturellement ! et elle est infiniment sûre de sa beauté.

« Or donc, durant tout ce temps, elle vaquait aux affaires de la Cour. J’étais souvent seul sans rien à faire, si ce n’est me débattre et me répandre en malédictions sous le bâillon. Après quoi elle revenait, vision de douces tresses et de lèvres rouges. Quand elle se dévêtait, mon cœur se mettait à tambouriner. J’aimais ce moment, lorsqu’elle se défaisait des plis de sa cape et que je découvrais ses cheveux. Puis, de la voir nue, entrer dans son bain, me mettait hors de moi.

« Tout ceci était secret. Je faisais de mon mieux pour n’en rien montrer. J’apaisais ma passion. Mais je suis un homme, aussi, en l’espace de quelques jours, ma passion commença de s’ériger, de se montrer. La Reine en rit. Elle me tourmentait. Puis elle m’assura que ma souffrance serait moindre si je me tenais sur ses genoux, et si j’acceptais docilement le battoir. C’est là le sport favori de la Reine, tout simplement la fessée sur les genoux, comme vous l’avez assez douloureusement appris cette nuit. Elle aime la familiarité de la chose. Tous ses esclaves sont ses enfants.

La Belle en fut troublée, mais elle ne voulait pas interrompre Alexis, qui poursuivit.

— Comme je vous l’ai dit, elle me faisait battre. Et toujours de la manière la plus inconfortable et la plus froide. Elle envoyait chercher Félix, qu’alors je méprisais…

— Et plus maintenant ? s’enquit la Belle.

Mais aussitôt, elle se souvint en rougissant de la scène dont elle avait été témoin dans l’escalier, Félix suçant le Prince si tendrement.

— Désormais, je ne le méprise plus du tout, répondit le Prince Alexis. De tous les Pages, c’est l’un des plus intéressants. Ici, on en vient à considérer cela précieusement. Mais en ce temps-là, je le méprisais autant que la Reine.

« Elle donnait l’ordre de me fesser. Il me faisait détacher des chaînes qui me retenaient au mur, je donnais des coups de pied et me débattais frénétiquement. Ensuite on me jetait sur ses genoux, les jambes écartées d’un coup de pied, et j’étais fessé jusqu’à ce que la Reine se fatigue. Cela faisait très mal, comme vous le savez, je n’en doute pas, et cela ne faisait que m’humilier un peu plus. Mais comme je m’ennuyais de plus en plus désespérément à mes heures de solitude, je commençais de considérer la chose comme un interlude. Je me mis à réfléchir à la douleur, aux divers degrés de celle-ci. Il y avait les premiers coups secs du battoir, pas si douloureux. Puis, ils se faisaient de plus en durs, et sous la douleur, sous la brûlure, je me mettais à gigoter pour essayer d’échapper aux coups, alors que je m’étais juré de n’en rien faire. Je me rappelle m’être tenu tranquille uniquement pour me livrer de nouveau à ces contorsions, ce qui amusait la Reine au plus haut point. Quand j’étais vraiment endolori, je me sentais très las, las de me défendre, et la Reine savait que j’étais alors très vulnérable. Elle me touchait. Quoique je la haïsse, ses mains étaient délicieuses à mes zébrures. Puis elle caressait mon organe, me soufflant à l’oreille quelles extases je pourrais éprouver à la servir. Je recevrais toute son attention, me disait-elle, et je serais baigné et dorloté par les valets, au lieu d’être brossé sans ménagement avant d’être pendu au mur. Quelquefois je pleurais, parce que je ne pouvais m’en empêcher. Les Pages en riaient. La Reine trouvait tout cela fort risible, elle aussi. Puis je retournais à mon mur pour m’y briser à force d’ennui sans fin.

« Durant tout ce temps, je ne voyais pas les autres esclaves punis par la Reine. Elle se livrait à ses plaisirs et à ses jeux en se transportant dans ses nombreux salons. Quelquefois, j’entendais des cris et des coups à travers les portes, mais rarement.

« Or, comme je commençais d’exhiber un organe érigé et insatiable malgré moi, et comme je commençais d’attendre vraiment ces terribles fessées… malgré moi… ces deux interludes n’étant pas reliés dans mon esprit comme maintenant, elle amenait de temps à autre un esclave pour son amusement.

« Je ne puis vous dire quelle rage, à force de jalousie, je ressentis la première fois que je fus témoin de la punition d’un esclave. C’était un jeune Prince, un certain Gérald, qu’elle adorait en ce temps-là. Il avait seize ans, et il avait les fesses les plus rondes et les plus petites qui soient. Les Pages et les valets trouvaient ses fesses irrésistibles, comme vous l’êtes… La Belle rougit à ses mots.

— Ne vous estimez pas malchanceuse. Écoutez ce que je dis de l’ennui, expliqua Alexis, et il l’embrassa tendrement.

« Comme je le disais, cet esclave fut introduit et la Reine le caressait et l’agaçait éhontément. Elle le plaça sur ses genoux et se mit en devoir de lui délivrer une fessée à mains nues comme elle en usa avec vous, et je pouvais voir son pénis érigé, et comment il s’efforçait de s’écarter de la jambe de la Reine par crainte de répandre le fruit de sa passion et de lui déplaire. Il était extrêmement complaisant et dévoué à la Reine. Il capitulait sans aucune dignité, mais il obéissait au moindre de ses ordres, au galop, sa belle petite figure toujours empourprée, la peau rose et blanche, pleine de rougeurs là où il avait reçu ses punitions. Je ne pouvais détacher mes yeux de lui. Je pensais ne jamais pouvoir être fait pour de pareilles choses. Jamais – je mourrais plutôt. Et pourtant je le regardais, et je la regardais le punir et l’aiguillonner et l’embrasser.

« Et lorsqu’il l’eut contentée, comme elle le récompensa ! Elle avait fait introduire six Princes et Princesses, parmi lesquels il devait choisir avec qui il s’accouplerait. Bien sûr, ses choix devaient la satisfaire elle aussi. Il choisit toujours les Princes.

« Et comme elle le gouvernait du battoir, il monta l’un de ceux qui se tenaient à genoux docilement pour le recevoir, et, sous les coups de la Reine, il atteignit l’extase. C’était un spectacle affolant. Ses petites fesses rondes que l’on fessait à grand bruit, l’esclave soumis au visage rubicond installé sur les genoux de la Reine pour recevoir le Prince Gérald, et la bite érigée du garçon entrant et sortant de cet anus sans défense. Parfois, la Reine fessait la petite victime en premier, elle lui donnait gaiement la chasse à travers la pièce, et une chance d’échapper à son destin s’il parvenait à aller lui chercher une paire de pantoufles en la prenant entre les dents, et ce avant qu’elle n’ait pu lui assener dix bons coups secs de battoir. La victime se précipitait pour obéir. Mais il était rare qu’il trouvât les pantoufles et qu’il les apportât au bon endroit avant que la Reine l’eût corrigé d’importance. Aussi devait-il s’incliner devant le Prince Gérald, assurément trop doué pour ses seize ans.

« Naturellement, je jugeai tout ceci dégoûtant et au-dessous de ma condition. Jamais je ne jouerais à de tels jeux. (Il rit doucement, et, l’enserrant de son bras, il pressa la Belle contre sa poitrine, et lui embrassa le front.) J’y ai suffisamment joué depuis lors.

« Mais de temps à autre, il arrivait aussi au Prince Gérald de choisir une Princesse. Ceci courrouçait la Reine, oh, à peine. Elle forçait la petite victime à accomplir des missions sans espoir de s’échapper, le même jeu des pantoufles, ou encore avec un miroir à main ou quelque chose de ce genre, en la menant tout le temps à coups de battoir, sans pitié. Puis elle se retrouvait jetée sur le dos, prise par ce petit Prince vigoureux, pour le divertissement de la Reine. Ou bien encore elle se retrouvait pliée en deux et pendue, comme dans la Salle des Châtiments.

La Belle tressaillit à cette évocation. Être prise dans une telle posture ne lui était pas encore arrivé. Mais une Princesse, assurément, serait mûre et ouverte à la chose.

— Comme vous pouvez l’imaginer, poursuivit Alexis, ces spectacles devinrent une torture. Au cours de mes heures solitaires, je les espérais. Tout en regardant, je pouvais sentir les coups sur mes fesses comme si l’on m’avait fessé moi aussi, et je sentais mon pénis s’étirer contre ma volonté à la vue de ces petites jeunes filles que l’on pourchassait, ou même à voir le Prince Gérald se faire caresser et quelquefois sucer par un Page pour divertir la Reine.

« Je dois ajouter que le Prince Gérald trouvait tout cela très dur. C’était un Prince inquiet, toujours soucieux de satisfaire la Reine, et qui se punissait en esprit, de terrible manière. Il n’avait jamais l’air de comprendre qu’on lui rendait volontairement la plupart de ces missions et de ces jeux trop difficiles pour lui. Il devait brosser les cheveux de la Reine, la brosse coincée entre les dents. C’est très difficile. Et il fondait en larmes lorsqu’il n’arrivait pas à donner à sa brosse des mouvements suffisamment fluides, ou suffisamment appuyés. Bien sûr, cela la contrariait. Alors elle le basculait sur ses genoux, et le fouettait avec une brosse à manche de cuir. Il pleurait, plein de honte et de détresse, et il redoutait la pire de ses colères : se retrouver donné à d’autres pour leur plaisir et recevoir leur châtiment.

— Lui arrive-t-il jamais de vous donner à d’autres, Alexis ? s’enquit la Belle.

— Quand elle est mécontente de moi, elle me donne à d’autres. Mais je me suis rendu à cette idée et je l’ai acceptée. Cela m’attriste mais je l’accepte. Je ne tombe jamais dans la frénésie à laquelle le Prince Gérald cède toujours. Il implorait le pardon de la Reine avec de silencieux baisers sur ses pantoufles. Cela n’a jamais servi à rien. Plus il plaidait, plus elle le punissait.

— Qu’est-il devenu ?

— Le temps est venu de le renvoyer dans son Royaume. Ce temps vient pour tous les esclaves. Il viendra pour vous également, mais quand, personne ne le sait, à cause de la passion que le Prince nourrit pour vous, car il vous a réveillée et a demandé votre main. Votre Royaume faisait ici figure de légende, lui confia le Prince Alexis.

« Or le Prince Gérald est rentré chez lui richement récompensé et, je le crois, fort soulagé qu’on l’ait laissé partir. Avant de prendre congé, il fut naturellement magnifiquement vêtu, reçu par la Cour, et puis on nous rassembla pour le voir sortir sur son cheval. C’est la coutume. Je crois que ce fut pour lui le plus humiliant. C’était comme de se voir rappeler sa nudité et sa sujétion. Mais d’autres esclaves souffrent tout autant, pour bien des raisons, lorsqu’on les relâche. Quoi qu’il en soit, qui sait ? Peut-être les soucis sans fin du Prince Gérald le sauvèrent-ils du pire. Il est impossible de le dire. La Princesse Lizetta est sauvée par sa rébellion. Assurément, voilà qui intéressa fort le Prince Gérald…

Le Prince Alexis marqua une pause pour embrasser la Belle et la rassurer.

— N’essayez pas de comprendre tout ce que je dis sur-le-champ. Je veux dire, ne cherchez pas à trouver une signification immédiate à ce que je dis. Contentez-vous d’écouter et d’apprendre, et peut-être ce que je vous raconte vous épargnera-t-il certaines fautes, et ouvrira plus tard des chemins différents à votre esprit. Ah, je vous trouve si tendre, ma fleur secrète.

Il l’aurait embrassée de nouveau, peut-être aurait-il été emporté de nouveau par sa passion, mais elle l’arrêta en posant les doigts sur ses lèvres.

— Mais dites-moi, lorsque vous étiez enchaîné au mur, que pensiez-vous de… quand vous étiez seul, avez-vous rêvé tout éveillé, et qu’avez-vous rêvé ?

— Quelle étrange question… La Belle avait l’air très grave.

— Avez-vous songé à votre vie passée, souhaitiez-vous être libre de choisir ce plaisir ou cet autre ?

— Pas vraiment, fit-il à voix basse. Je songeais plutôt à ce qui m’arriverait ensuite, je crois. Je ne sais pas. Pourquoi me demandez-vous cela ?

La Belle ne répliqua pas directement, mais elle avait rêvé à trois reprises depuis son arrivée, et chaque fois sa vie écoulée lui avait paru sinistre et encombrée de préoccupations étroites. Elle se rappelait les heures passées à broder, et, à la Cour, les révérences interminables devant des Princes qui lui baisaient la main. Elle se rappelait être demeurée assise, toute tranquille, des heures durant, à des banquets sans fin où d’autres parlaient et buvaient, alors qu’elle n’avait ressenti que de l’ennui.

— Je vous en prie, Alexis, continuez, dit-elle avec douceur. Mais à qui la Reine vous donne-t-elle quand vous la mécontentez ?

— Ah, il y a plusieurs réponses à cette question. Mais laissez-moi poursuivre. Vous imaginez aisément ce qu’était mon existence, les heures d’ennui et de solitude seulement rompues par ces trois diversions : la Reine elle-même, la punition du Prince Gérald, ou les coups de battoir acharnés de la main de Félix. Or, bientôt, malgré moi, et malgré ma rage, je commençai de montrer mon excitation chaque fois que la Reine entrait dans la chambre. Elle me tournait en ridicule, mais elle le remarquait. Et de temps à autre, je ne pouvais dissimuler lorsque je voyais le Prince Gérald si franchement érigé, et prendre son plaisir de l’un des autres esclaves présents, ou même s’emparer du battoir. La Reine observait tout ceci, et chaque fois qu’elle voyait mon organe raide contre ma volonté, elle me faisait aussitôt délivrer une bonne fessée par Félix. Je me débattais, je tâchais de la maudire, et de prime abord ces fessées apaisèrent ma passion, mais très bientôt elles ne l’étanchèrent plus. Et la Reine ajoutait de ses propres mains à ma misère, me giflant le pénis, le caressant, et puis le giflant de nouveau au moment même où Félix me punissait. Je me tordais, me débattais. En vain. Très bientôt, je désirais tant les mains de la Reine que je gémissais à haute voix et, dans un de ces états de grand tourment, je fis tout ce que je pus, par mes gestes et mes manières, pour lui montrer que je lui obéirais.

« Naturellement, telle n’était pas mon intention. Je n’agissais ainsi que pour être récompensé. Et je me demande si vous pouvez imaginer quelle difficulté c’était pour moi. J’étais relâché à quatre pattes, et on me disait de lui baiser le pied. C’était comme si je venais à peine de me voir arracher mes vêtements. Jamais je n’avais obéi ni commandé ; et jamais non plus on ne m’avait fait obéir, libre de mes chaînes. Et pourtant j’étais si torturé par le besoin de m’assouvir, mon sexe si gonflé de désir, que je me forçais à m’agenouiller à ses pieds et à baiser ses pantoufles. Je n’oublierai jamais la magie de ses mains quand elle me touchait. Je pouvais sentir l’onde de la passion me traverser, et dès qu’elle caressait mon sexe et qu’elle en jouait, mon désir se libérait aussitôt, ce qui la courrouçait fort.

« Vous n’avez aucune maîtrise ! me disait-elle avec colère, et cela vous vaudra d’être puni. Mais vous avez essayé de vous soumettre et c’est déjà quelque chose.

« Dans l’instant, je me levai et tentai de m’éloigner d’elle. Jamais je n’avais eu l’intention de me soumettre en quoi que ce fût.

« Naturellement, les Pages m’arrêtèrent sur-le-champ. Vous ne devez jamais vous croire hors de leur portée. Vous pouvez vous trouver dans une vaste chambre peu éclairée, seule avec un Seigneur. Vous pouvez vous croire tout à fait libre, lorsqu’il s’endort, sa coupe de vin à la main. Mais si vous deviez essayer de vous lever et de vous échapper, les Pages feront illico leur apparition pour vous maîtriser. Ce n’est que maintenant, valet de la Reine digne de confiance, que je suis autorisé à dormir seul dans la chambre. Les Pages n’osent pas entrer dans la chambre plongée dans le noir lorsque la Reine dort. Aussi n’ont-ils aucun moyen de savoir que je suis ici avec vous. Mais cela est rare, très rare. Et même à présent nous pourrions être découverts…

— Mais qu’est-il advenu de vous ? s’enquit la Belle, d’un ton pressant. Ils se sont emparés de vous, dit-elle avec crainte.

— La Reine attachait peu d’importance à la manière dont je devais être puni. Elle envoya quérir Sire Grégoire et lui dit que j’étais vraiment incorrigible. Et qu’en dépit de mes mains délicates et de ma peau agréable, de ma naissance royale, l’on m’emmenât céans aux cuisines, pour y servir aussi longtemps qu’elle le décréterait… et d’ailleurs, elle espérait se souvenir de ma présence aux cuisines, et de m’y faire chercher.

« Je fus emmené aux cuisines, et je protestai, comme d’ordinaire. Sachez que j’avais peu idée de ce qui allait m’arriver. Mais je ne fus pas longtemps avant de voir dans quel endroit sombre et repoussant je me trouvais, dans la graisse et la crasse de cuisine, là où les marmites étaient toujours à bouillir et où des dizaines de domestiques serviles étaient au travail, à couper des légumes, à nettoyer, à plumer les volailles, occupés à toutes ces tâches auxquelles il faut se livrer pour préparer les banquets que l’on sert ici.

« À peine étais-je amené là qu’ils se plurent à inventer de petits divertissements. Je fus entouré des êtres les plus crus que j’eusse jamais vus. Mais qu’est-ce que cela peut bien me faire, me disais-je. Je n’obéis à personne.

« Toutefois, par moments, je comprenais que ces créatures ne prêtaient guère plus d’intérêt à ma docilité qu’elles n’en portaient à la docilité de la volaille qu’elles découpaient, des carottes qu’elles pelaient, ou des patates qu’elles jetaient dans la marmite. Pour eux, j’étais un jouet et ils s’adressaient rarement à moi, bien que j’eusse des oreilles pour entendre ou mon bon sens pour comprendre ce qu’ils disaient de moi.

« On me passa sur-le-champ un collier de cuir, ce collier rattaché aux bracelets à mes poignets, et mes poignets à mes genoux, de sorte que je ne pusse quitter ma posture à quatre pattes. On me plaça un mors dans la bouche, muni d’une bride, et si fermement attaché à ma tête que l’on aurait pu me forcer à aller de l’avant à coups de lanière de cuir sans que j’eusse grande faculté de résister, mes membres me poussant à suivre contre mon gré.

« Je refusais de bouger. Je fus tiré de tous côtés sur le sol crasseux de la cuisine, et ils aboyaient de rire. Ils avaient sorti leurs battoirs, et bientôt ils me punirent sans pitié. Rien ne me fut épargné, naturellement, mais mes fesses les ravissaient tout particulièrement. Et plus je regimbais ou me débattais, plus ils trouvaient cela hilarant. Pour eux, je n’étais rien qu’un chien. Et c’était exactement ainsi qu’ils me traitaient. Mais ce n’était qu’un début. Je fus bientôt suffisamment libre de mes entraves pour être jeté sur un grand tonneau. Et là je fus violé par tous ces hommes, un par un, et les femmes regardaient en riant. J’en fus meurtri, et j’en restai étourdi, à cause du mouvement du tonneau, au point d’en être malade, mais ils trouvèrent cela aussi très amusant.

« Quand ils en eurent fini avec moi, et durent se remettre à la tâche, ils m’enchaînèrent au-dessus de la barrique où l’on déversait les ordures. Mes pieds étaient profondément enfouis dans le monceau de feuilles de chou et de queues de carotte, de pelures d’oignon et de plumes de poulet qui composaient les déchets de la journée de travail et, comme ils en ajoutaient sans cesse, le tas grandissait autour de moi. La puanteur était terrible. Quand je gigotais, et quand je me démenais, les rires les reprenaient, et ils songeaient à d’autres manières de me mettre au supplice.

— Oh, c’est trop horrible, souffla la Belle. Chacun de ceux qui l’avaient manipulée ou punie l’avait en quelque sorte admirée. Et de songer à son bel Alexis traité de la sorte, elle se sentit défaillir de peur.

— Évidemment je ne savais pas encore que ce serait là mon refuge de tous les jours. On ne me tira de là que plusieurs heures plus tard, après que l’on eut servi le repas du soir, et qu’ils eurent décidé de me violer à nouveau. Seulement cette fois je fus jeté à terre et écartelé sur une grande table de bois. Et, pour leur plaisir, ils me donnèrent de nouveau du battoir, cette fois avec de grossiers instruments de bois, déclarant que les battoirs de cuir qu’ils avaient utilisés auparavant étaient désormais trop bons pour moi. Ils me tinrent les jambes bien écartées, se lamentèrent de ne pouvoir torturer mes parties intimes sans encourir de punition. Mais ce n’est pas de mon pénis qu’il s’agissait, et ils le punirent d’importance à grandes gifles, en le manipulant sans ménagement.

« À ce moment, je devins fou. Je ne puis me l’expliquer. Ils étaient si nombreux, ils étaient si grossiers, et ni mes mouvements ni les sons que j’émettais n’étaient rien pour eux. La Reine avait remarqué le moindre de mes changements d’expression. Elle se moquait de moi, de mes grognements, et quand je me débattais, mais elle avait savouré. Ces rustauds de cuisiniers et de garçons de cuisine me frictionnaient les cheveux, me faisaient relever la figure, me giflaient les fesses et me fessaient comme si j’étais complètement insensible.

« Ils parlaient de moi, « Quelles fesses rondes », et « Voyez ces jambes musclées », comme si j’étais un véritable animal. Ils me pinçaient, me fourrageaient, s’enfonçaient en moi à leur convenance, puis se mettaient en devoir de me violer. Ils me graissaient bien avec leurs mains cruelles, comme ils l’avaient déjà fait auparavant, et quand ils en eurent fini, ils me rincèrent avec une sorte de tuyau rudimentaire rattaché à une outre de vin remplie d’eau. Je ne puis vous dire quelle mortification ce fut, de se trouver ainsi lavé par eux, au-dedans et au-dehors. Au moins la Reine m’avait-elle alloué quelque intimité en ces matières, et, de même, les besoins de nos entrailles et de nos vessies ne l’intéressent guère. Mais d’être vidé par ce violent jet d’eau froide, et devant ces hommes porcins, cela me rendit faible et sans vie.

« J’étais sans force quand ils me suspendirent de nouveau au-dessus des ordures. Et, le lendemain matin, mes membres étaient douloureux, et la puanteur qui m’environnait me rendit malade. Brutalement, ils me tirèrent de là, m’enchaînèrent à genoux, et me jetèrent un peu de nourriture dans une écuelle. Je n’avais pas mangé depuis une journée ; cependant, je ne voulais pas manger pour leur amusement, car ils ne m’autorisaient pas à me servir de mes mains. Pour eux, je n’étais rien. Je refusai les repas jusqu’au troisième jour, lorsque je ne pus supporter la chose plus longtemps, et alors, tel un chiot affamé, je lapai le brouet qu’ils me servaient. Ils n’y prêtèrent pas la moindre attention. Lorsque j’eus fini mon repas, on me traîna de nouveau jusqu’au monceau de déchets, jusqu’à ce qu’ils eussent un peu de temps pour se divertir de moi.

« En attendant je restai pendu là. Et lorsqu’ils passaient, ils m’infligeaient par exemple une forte claque, me tordaient les tétons, m’écartaient encore plus les jambes du bout de leurs battoirs.

« Ce fut un supplice au-delà de tout ce que j’avais connu dans la chambre de la Reine. Et bientôt, dans la soirée, on passa le mot aux garçons d’écurie qu’ils pouvaient venir en user de moi comme bon leur semblerait. Ainsi je dus les contenter eux aussi.

« Ils étaient mieux vêtus, mais ils empestaient l’odeur des chevaux. Ils arrivèrent et me sortirent de la barrique, et l’un d’eux m’enfonça le long manche arrondi de sa cravache dans l’anus. Ainsi, en me soulevant, il me força à entrer dans l’étable. Là, je fus de nouveau couché sur un tonneau, et tous me violèrent.

« Cela me parut intolérable, et pourtant je l’ai supporté. Et, comme dans la chambre de la Reine, tout au long de la journée, je pouvais me délecter du spectacle de mes tourmenteurs, même si, entre leurs moments de désir, ils ne me prêtaient guère attention.

« Un soir toutefois, après qu’ils eurent tous bien bu, et qu’on les eut félicités du bon repas qu’ils avaient servi là-haut, ils s’en revinrent vers moi, avec un jeu plus inventif. J’étais terrifié. Je ne songeai plus à ma dignité et, dès qu’ils m’approchèrent, je me mis à grogner sous ma muselière. Je me contorsionnais et me tordais pour résister à leurs mains.

« Le jeu qu’ils avaient choisi était aussi dégradant que dégoûtant. Ils parlaient de me décorer, d’améliorer mon allure, jugeant que j’étais vraiment un animal trop racé et trop propre pour occuper pareil logement. Et, en me maintenant membres écartés dans la cuisine, ils donnèrent sans tarder libre cours à leur furie, en préparant une dizaine de décoctions avec du miel, des œufs, divers sirops et mixtures qui leur tombaient sous la main. Je fus bientôt couvert de ces liquides. Ils me peignirent les fesses, et rirent de moi comme je me débattais. Ils me peignirent le pénis et les testicules. Ils me décorèrent la figure, et me plaquèrent les cheveux. Et quand ils en eurent fini, ils prirent des plumes dans le poulailler et m’en couvrirent le corps.

« J’étais atterré, non pas réellement de douleur, mais tout simplement de leur vulgarité et de leur méchanceté. Je ne pouvais supporter l’humiliation d’être défiguré de la sorte.

« Enfin, l’un des Pages fit son entrée, pour s’enquérir de ce bruit, et il me prit en pitié. Il me fit relâcher et leur dit de me laver. Évidemment, ils me dépouillèrent de mon plumage sans ménagement, puis se remirent à me donner du battoir. Ce fut alors que je compris que je perdais la raison. J’étais à quatre pattes, sans être entravé, et je courais comme un désespéré pour m’abriter de leurs battoirs. Je m’efforçais de me glisser sous les tables de la cuisine, et partout où j’allais m’embusquer pour trouver un moment de répit, ils me débusquaient, déplaçant les tables et les chaises si besoin était pour atteindre mes fesses avec leurs battoirs. Bien sûr, si j’essayais de me lever, ils me poussaient par terre. J’étais désemparé.

« Je me pris à me précipiter vers le Page et à lui baiser les pieds, comme j’avais vu le Prince Gérald le faire avec la Reine.

« Quand bien même aurait-il rapporté la chose à la Reine, cela ne m’aurait été d’aucune utilité. Le lendemain, j’étais enchaîné comme devant, et je m’attendais à subir l’ennui et l’impatience des mêmes maîtres et maîtresses. Quelquefois, en passant près de moi, ils me fourraient dans l’anus un morceau de nourriture au lieu de le jeter, des carottes, d’autres plantes, tout ce qui, à leurs yeux, s’apparentait à un pénis. J’étais violé encore et encore par ces objets, et il me fallait les expulser de mon corps à grand effort. Ils n’auraient pas épargné ma bouche, j’imagine, s’ils n’avaient reçu l’ordre de me laisser muselé, comme le sont tous les esclaves de mon rang.

« Et chaque fois que j’attrapais le regard d’un Page, je me prenais à le supplier de tous mes gestes et avec mes espèces de grognements.

« Durant tout ce temps, je n’avais pas de pensées véritables. Peut-être avais-je commencé à penser à moi-même comme à cette créature à demi humaine qu’ils voulaient voir en moi. Je ne sais. Pour eux, j’étais un Prince désobéissant qu’on leur avait envoyé parce que je le méritais. Tous les abus faisaient partie de leur devoir. Si les mouches étaient méchantes, ils enduisaient mon pénis et mes testicules de miel pour les attirer, et trouvaient cela très malin.

« Même si je redoutais les garçons d’écurie avec leur fouet à manche de cuir, j’en vins à espérer d’être emmené aux écuries, où il y avait des coins plus propres et plus frais. Ces garçons, au moins, trouvaient franchement merveilleux d’avoir un vrai Prince à martyriser. Ils me chevaucheraient longtemps et durement, mais cela valait mieux que la cuisine.

« Je ne sais combien de temps cela dura. Chaque fois qu’ils me libéraient de mes entraves, j’étais terrifié. Bientôt ils se mirent à jeter les détritus par terre et à me les faire ramasser tout en me pourchassant avec leurs battoirs. J’avais perdu mon bon sens, la sagesse de me tenir simplement tranquille, et, en proie à l’agitation et à la terreur, je courais de tous côtés pour mener ma tâche à bien tandis qu’ils me fessaient. Jamais le Prince Gérald n’avait fait montre d’une telle folie.

« Naturellement, c’est à lui que je pensais quand j’agissais de la sorte. Et avec amertume je songeais : Il amuse la Reine dans ses appartements, et moi je suis ici dans cet endroit répugnant.

« Enfin, les garçons d’écurie me traitaient comme un roi. Je finis par fasciner l’un d’eux. Il était grand, très fort. Il arrivait à me faire monter sur le manche de son fouet et à faire décoller mes pieds du sol. Il me pénétrait de force, le dos cambré, les mains liées, presque en me portant. Il se délectait à ce jeu, et un jour il m’emmena seul dans un coin du jardin. La seule fois que j’essayai de me débattre contre lui, il me bascula tout simplement sur ses genoux, sans effort. Il me força à me mettre à quatre pattes dans l’herbe, et me demanda de lui cueillir les fleurettes blanches entre mes dents, sinon il me ramènerait aux cuisines. Je ne puis vous dire à quel point je fus ravi de lui obéir. Il maintenait le manche de son fouet en moi et me forçait à aller à droite, à gauche. Et puis il se mit en devoir de supplicier mon pénis. Toutefois, s’il le giflait, s’il en abusait, il le caressait aussi. Horrifié, je me sentis gonfler. J’aurais voulu rester avec lui pour toujours. Je me disais : Que puis-je faire pour le contenter ? Et cela me rendait humble à force de désespoir, car je savais que c’était là ce que la Reine avait souhaité en me punissant. Dans ma folie, j’étais même convaincu que si elle savait combien je souffrais, elle me relâcherait. Mais mon esprit était vide de pensées. Je savais seulement que je désirais contenter mon garçon d’écurie, sans quoi il me ramènerait aux cuisines.

« Je cueillais les fleurettes entre mes dents et les lui rapportais. Il me dit alors que j’étais un trop méchant Prince pour que l’on me traitât gentiment, et il savait comment me punir. Il m’ordonna de monter sur une table voisine. C’était une table de bois ronde, patinée mais souvent nappée et que l’on utilisait quand un membre de la Cour souhaitait prendre son repas au jardin.

« J’obéis aussitôt, mais il ne fallait pas que je m’agenouille là, je devais me tenir accroupi jambes bien écartées, mains derrière la nuque et les yeux baissés. Je trouvais cela incroyablement dégradant et cependant je ne pouvais songer qu’à une chose, le satisfaire. Naturellement, il me fessa dans cette position. Il avait un battoir de cuir, lourd mais mince, qui me rossait d’importance. Il entreprit de me taper les fesses avec. Et pourtant je demeurais là, libre de toute entrave mais docile, accroupi les jambes douloureuses, le pénis gonflé sans désemparer tandis qu’il me suppliciait.

« C’était la meilleure chose qui pouvait arriver. Car Sire Grégoire en fut témoin. Toutefois, sur l’instant, je n’en sus rien, je savais seulement que d’autres personnes passaient aux alentours, et quand j’entendais leurs voix et que je comprenais qu’il s’agissait de Seigneurs et de Dames, j’en éprouvais une indicible consternation. Ils allaient me voir humilié par ce garçon d’écurie, moi le fier Prince qui s’était rebellé contre la Reine. Et pourtant tout ce que je pouvais faire, c’était sangloter, et souffrir, et sentir la tape du battoir.

« Je n’imaginais pas que la Reine aurait pu venir à l’apprendre. J’étais trop dénué d’espoir. Je ne songeais qu’à l’instant présent. Allons, la Belle, ceci, assurément, est un aspect de ce que j’appelle savoir céder et accepter. Je ne pensais qu’au battoir du garçon d’écurie, à le satisfaire et à échapper, pour un petit moment encore, à cette terrible récompense, les cuisines. En d’autres termes, je ne pensais qu’à faire ce que précisément l’on attendait de moi.

« Enfin, mon garçon d’écurie se fatigua. Il m’ordonna de retourner sur l’herbe à quatre pattes et me prit, plus profondément, dans les bois. J’étais libre de toute entrave, et pourtant complètement sous sa coupe. Il choisit un arbre et me dit de me lever et de m’accrocher à la branche au-dessus de ma tête. J’étais suspendu à cette branche, les pieds au-dessus du sol, lorsqu’il me viola. Il me pénétrait profondément et violemment, à répétition. Je crus qu’il n’en finirait jamais, et mon pauvre pénis était aussi dur que l’arbre, à force de souffrance.

« Quand il eut fini, il arriva la chose la plus extraordinaire. Je me surpris à ses genoux, lui baisant les pieds et plus encore, je remuais les hanches, et je les lui présentais, et je faisais tout ce qui était en mon pouvoir pour le prier de me soulager du désir qui sourdait entre mes jambes, de me soulager un peu, car je n’avais rien éprouvé de tel aux cuisines.

« Mes propos le firent éclater de rire. Il me tira pour me faire lever, m’empala aisément sur le manche de son fouet et me ramena aux cuisines. Je sanglotais, incapable de me maîtriser, comme jamais dans ma vie.

« La vaste salle était presque vide. Tout le monde était dehors à entretenir le potager, ou dans les antichambres des étages, où l’on servait les repas, et seule une jeune servante était demeurée là, qui se dressa sur ses pieds dès qu’elle nous vit. Un instant après, le garçon d’écurie lui chuchotait quelque chose, et comme elle hochait la tête, en s’essuyant les mains sur son tablier, il m’ordonna de monter sur l’une des tables carrées. Il fallait de nouveau que je m’accroupisse mains derrière la nuque. J’obéis sans du tout réfléchir. Encore le battoir, me dis-je, et pour le plaisir de cette petite jeune fille, à la triste figure, aux nattes brunes. Entre-temps, elle s’était approchée et me dévisageait avec une expression d’étonnement.

« Les jours suivants furent remplis de ces mêmes supplices de cuisine. Je fus battu, pourchassé, ridiculisé et en tout cas traité avec grand mépris. Mais je rêvais du garçon d’écurie. J’étais sûr qu’il reviendrait. Je ne crois pas avoir jamais songé à Sa Majesté. Lorsque je me la représentais, je n’éprouvais que désespoir.

« Finalement, un après-midi, le garçon d’écurie entra et je fus joliment vêtu de velours rose rehaussé d’or. Il ordonna que l’on me lavât et que l’on me décrottât. J’étais trop excité pour redouter les mains brutales des garçons de cuisine, pourtant toujours aussi peu enclins à la miséricorde.

« Mon pénis était déjà raide à la seule vue de mon Seigneur et garçon d’écurie, mais ce dernier m’intima vivement de veiller à en prendre le plus grand soin, et à ce qu’il le reste, sans quoi je serais sévèrement puni.

« Je hochai la tête d’un geste bien trop appuyé. Puis il me retira la muselière de la bouche et la remplaça par une autre, tout ornée.

« Comment décrire ce que je ressentis en cet instant ? Je n’osais rêver à la Reine. J’étais si démuni que tout répit m’était un émerveillement. Il me conduisit sur-le-champ par les couloirs du château, et moi qui m’étais rebellé contre tout le monde, je trottinais vivement à sa suite dans ces couloirs de pierre, rasant les pantoufles et les bottes des Seigneurs et des Dames qui se retournaient tous sur mon passage pour me remarquer et y aller de quelque compliment. Le garçon d’écurie était très fier.

« Puis nous pénétrâmes dans un grand salon haut de plafond. Il me semblait voir pour la première fois de ma vie des étoffes de velours crème et des dorures, des statues dressées contre les murs, des bouquets de fleurs fraîches disposés un peu partout. Je me sentais renaître sans du tout songer à ma nudité et à mon asservissement.

« La Reine se tenait assise là, dans son fauteuil à haut dossier, resplendissante en velours pourpre, sa cape d’hermine jetée sur ses épaules. Je filai de l’avant hardiment tout disposé à froisser à force de servilité, et je la couvris de baisers, elle et ses souliers.

« Aussitôt elle me caressa les cheveux et me fit lever la tête. « As-tu assez souffert pour ton effronterie ? » me demanda-t-elle, et comme elle ne retirait pas ses mains, je les lui baisai à nouveau, et je baisai ses paumes si douces et ses doigts si chauds. Je trouvai le son de son rire si beau. J’entrevis les deux monts de ses seins blancs, et la fine ceinture autour de sa taille. Je lui baisai les mains jusqu’à ce qu’elle me fît cesser, et elle me tint le visage, me fit ouvrir la bouche de ses doigts, tâta mes lèvres, mes dents, puis elle me retira la muselière, m’enjoignant de ne point parler. En réponse, je hochai la tête.

« Ce jour sera pour toi un jour d’épreuve, mon jeune Prince entêté », annonça-t-elle. Puis elle me porta à un délicieux paroxysme de plaisir en me touchant le pénis. Elle en éprouva la fermeté. Je m’efforçai d’empêcher mes hanches de s’offrir à elle.

« Elle approuva. Puis elle ordonna ma punition. Elle avait su comment l’on m’avait châtié dans le jardin, et, pour son divertissement, elle pria mon jeune valet, le garçon d’écurie, de me punir.

« Aussitôt, je me tins docilement accroupi sur la table ronde en marbre placée devant elle. Je me rappelle que les portes étaient ouvertes. J’apercevais les silhouettes distantes des Seigneurs et des Dames qui passaient par là. Je savais qu’il y avait d’autres Dames dans cette salle. Je pouvais distinguer les douces couleurs de leurs robes et même le chatoiement de leurs cheveux. Mais je ne songeais à rien d’autre qu’à contenter la Reine, espérant être capable de conserver cette position accroupie aussi longtemps qu’elle le désirerait, aussi cruel que fût le battoir. Je reçu les premiers coups avec chaleur et ils me firent du bien. Je sentais mes fesses tressaillir et se resserrer, et il me semblait ne jamais avoir éprouvé de plaisir aussi plein, un tel gonflement de mon pénis, en dépit de l’insatisfaction.

« Naturellement, je me mis bientôt à grogner sous les coups, et, constatant mes efforts pour contenir mes grognements, la Reine m’embrassa le visage et me dit que même si mes lèvres devaient demeurer scellées, il fallait lui faire savoir combien je souffrais pour elle. Je la compris sur-le-champ. Déjà, mes fesses étaient brûlantes et palpitantes de douleur. Je cambrai le dos, les genoux un peu plus écartés, les jambes raides et douloureuses à force d’être accroupies, et je gémissais sans retenue, des gémissements plus sonores à chaque coup sec du battoir. Comprenez-le, rien ne me retenait. J’étais libre d’entraves et démuselé.

« Tout sentiment de rébellion m’avait quitté. Lorsque ensuite la Reine ordonna que l’on me poursuive à travers la salle à coups de battoir, je n’en avais que trop envie. Elle lança par terre une poignée de petite » balles d’or de la taille d’un gros grain de raisin noir, et me pria de les lui apporter, une par une, exactement comme on vous a ordonné de rapporter ces roses. Le garçon d’écurie, mon valet comme elle l’appelait, devait parvenir à placer cinq coups secs de battoir avant que j’en eusse déposé une au creux de sa main, sans quoi elle serait fort mécontente de moi. Les balles d’or avaient roulé de tous côtés, aux quatre coins de la pièce, et vous ne pouvez imaginer comme j’ai dû filer pour aller les chercher. Je courais devant le battoir comme s’il me brûlait. Bien sûr, à ce moment-là, j’étais encore tendre et endolori, et ma peau était marquée partout de profondes zébrures, mais c’était pour lui complaire que je me pressais de la sorte.

« Je rapportai la première balle après trois coups seulement. J’étais très fier. Mais comme je la déposai au creux de sa main, je vis qu’elle avait enfilé un gant de cuir noir, aux doigts soulignés de petites émeraudes. Elle me pria de me retourner, d’écarter les jambes et de lui montrer mon anus. J’obéis sans tarder, et je sentis immédiatement le choc de ces doigts gainés de cuir qui m’ouvraient l’anus.

« Ainsi que je vous l’ai dit, j’avais été violé et lavé à plusieurs reprises par mes rudes ravisseurs des cuisines, mais cette fois, il s’agissait d’une nouvelle manière de m’exposer, de me faire ouvrir par ses soins, avec simplicité et légèreté d’esprit, sans la violence du viol. J’en éprouvai une douceur d’amour, le sentiment d’être faible et de lui appartenir. Aussitôt, je compris qu’elle forçait mon anus avec la balle d’or que je lui avais rapportée. Et voici quelle me donnait pour instruction de la conserver au-dedans de moi, à moins que je ne désirasse susciter son farouche mécontentement.

« Je devais à présent lui en rapporter une autre. Le battoir vint promptement me chercher. Je filai, rapportai une autre balle d’or, on me fit me retourner, et on me l’enfila de force dans l’anus.

« Le jeu se poursuivit un bon moment. Mes fesses étaient sans cesse plus endolories. Elles me paraissaient énormes. Je suis sûr que vous comprenez cette sensation. Je me sentais énorme et gonflé, complètement, chaque zébrure me brûlait sous le battoir, et j’étais de plus essoufflé et désespéré à l’idée d’échouer, car il me fallait filer chaque fois un peu plus loin d’elle pour aller récupérer ces balles d’or. Mais la sensation nouvelle, c’était de me sentir rempli, l’anus fourré, qu’il me fallait désormais tenir bien serré pour ne rejeter aucune de ces balles d’or contre ma volonté. Bientôt, je sentis mon anus écarté et ouvert, et dans le même temps fourré sans pitié.

« Le jeu se fit de plus en plus frénétique. J’entrevis bientôt d’autres personnages qui regardaient par les portes. Fréquemment, je devais passer en vitesse sous les jupons d’une autre dame de compagnie.

« Je m’affairais sans cesse plus opiniâtrement, je me faisais fourrer sans répit d’une main ferme par ces doigts vigoureux gainés de cuir. Et bien que les larmes me dégoulinassent sur la figure, et que j’eusse le souffle rauque et rapide, je parvins à achever la partie sans plus de quatre coups de battoir à chaque parcours.

« La Reine me prit dans ses bras. Elle m’embrassa sur la bouche et me dit que j’étais son esclave loyal et son favori. Un courant d’approbation se répandit dans la Cour, et elle me permit de reposer un instant contre ses seins, en me tenant contre elle.

« Bien sûr, je souffrais. Je faisais tout mon possible pour retenir en moi ces balles d’or, et aussi pour ne pas laisser mon pénis frotter contre sa robe, ce qui m’aurait placé sous le coup de la disgrâce.

« Et voici qu’elle m’envoya chercher un petit pot de chambre en or. Je sus alors ce qui m’attendait. Et je sais que j’ai dû rougir furieusement. Je devais me tenir accroupi au-dessus de ce pot pour y expulser les jouets que j’avais réunis, et bien sûr je m’exécutai.

« Après cela, cette journée ne fut plus qu’une ronde de tâches sans fin.

« Je n’essaierai pas de toutes vous les décrire, si ce n’est que je jouis de toute l’attention et de toute la concentration de la Reine, et que j’entendais de tout cœur la conserver. Je n’avais toujours pas ta certitude que l’on ne me renverrait pas aux cuisines. À tout instant, je pouvais y être renvoyé.

« Je me rappelle bien des choses. Nous fûmes un long moment dans le jardin, la Reine se promenait parmi les roses comme elle aime tant à le faire, et elle me conduisait du bout de cette badine terminée par un phallus de cuir. Par moments, j’avais l’impression qu’elle me soulevait les fesses à cheval sur cette badine. Après les sols du château, mes genoux avaient le plus grand besoin de se soulager sur l’herbe tendre. Et j’étais si endolori et si vulnérable en ce temps-là que la moindre caresse sur mes fesses m’était douloureuse. Mais elle se contentait de me promener. Puis elle se rendit à un petit pavillon d’été de treilles et de vigne vierge, et me fit aller devant elle sur les dalles de l’endroit.

« Elle m’ordonna de me lever, et un Page fit son apparition, (je ne me souviens pas si c’était Félix), qui me menotta les mains au-dessus de la tête, en sorte que mes orteils touchaient à peine le sol. La Reine s’assit juste devant moi. Elle laissa de côté la badine-phallus, et brandit une autre badine qui était restée attachée à sa ceinture. C’était tout simplement une longue et mince badine de bois recouverte de cuir.

« Maintenant il faut me parler, dit-elle. Il vous faut vous adresser à moi comme à votre Reine, et vous devez répondre à mes questions avec grand respect. » À cette idée, j’éprouvai une excitation presque incontrôlable. J’avais la permission de lui parler. Naturellement, je ne l’avais jamais eue auparavant. Dans ma rébellion, j’avais toujours été muselé, et je ne savais pas ce que je ressentirais à l’idée d’être autorisé à employer des mots. J’étais son chiot, son esclave muet, et voilà que je devais lui parler. Elle usa de mon pénis comme d’un jouet ; elle me souleva les testicules de sa mince badine de cuir et les fit aller et venir. Elle décerna à mes cuisses une claque joueuse.

« Avez-vous apprécié de servir ces Seigneurs et ces Dames, ces rustauds des cuisines ? me demanda-t-elle, ou préférez-vous servir votre Reine ?

« Je ne veux servir que vous, Votre Majesté, à votre guise, répondis-je promptement. Ma propre voix résonnait étrangement à mes oreilles. C’était la mienne, mais je ne l’avais pas entendue depuis si longtemps, et lorsque je prononçai cet acte de servilité, ce fut comme si je venais à peine de la découvrir. Ou plutôt je la découvrais de nouveau, et cela produisit en moi un extraordinaire débordement d’émotion. Je pleurai, et j’espérai que cela ne lui déplût pas.

« C’est alors qu’elle se leva et se tint tout près de moi. Elle me toucha les yeux et les lèvres. « Tout ceci m’appartient, et ceci », et elle toucha les pointes de mes seins que les garçons de cuisine n’avaient nullement épargnées, et mon ventre et mon nombril. « Et ceci, dit-elle encore, cela aussi, cela m’appartient », et elle tenait mon pénis dans sa main, et ses ongles longs en grattaient doucement l’extrémité. C’est alors qu’il s’en échappa un petit fluide. Elle retira sa main et soupesa mon scrotum et se l’appropria également. « Écarte les jambes », ordonna-t-elle et elle me fit tourner autour de la chaîne qui me retenait prisonnier. « Et ceci aussi est à moi », ajouta-t-elle, me palpant l’anus.

« Je m’entendis lui répondre : « Oui, Votre Majesté. » Alors elle me dit qu’elle avait en réserve des châtiments pire encore que les cuisines, si jamais je tentais de lui échapper à nouveau, ou de me rebeller, ou de lui déplaire en quelque façon. Mais pour l’heure, elle était plus que satisfaite de moi, assurément, et elle allait me besogner durement, car tel était son bon plaisir. Elle me dit que je faisais preuve de beaucoup de force pour me consacrer à la pratique de son divertissement, d’une force qui faisait défaut au Prince Gérald, et elle voulait éprouver les limites de cette force.

« Chaque matin, elle me fesserait sur le Sentier de la Bride abattue. À midi, je l’accompagnerais pour ses promenades dans le jardin. Tard dans l’après-midi, je jouerais à aller attraper des choses pour elle. Dans la soirée, je serais fessé pour son divertissement tandis qu’elle prendrait son dîner. Il y avait grand nombre de positions que je pouvais adopter. Elle aimait à me voir accroupi, jambes grandes ouvertes, mais il y avait d’autres attitudes encore plus plaisantes et qu’elle avait choisi de m’enseigner. Sur quoi elle me pressa les fesses et déclara qu’elles lui appartenaient, car elle savourait plus que tout de les punir. Mais, afin de compléter ce régime quotidien qu’elle m’annonçait, il me faudrait la dévêtir pour la coucher et dormir dans sa chambre.

« À tout ceci, je répétai « Oui, Votre Majesté ». J’aurais fait n’importe quoi pour gagner sa faveur. C’est alors qu’elle m’annonça que mes fesses seraient sujettes aux plus grandes épreuves, afin qu’elle en vérifie les limites.

« Elle me libéra de mes chaînes, me fit traverser le jardin et pénétrer dans le château, en me guidant de sa badine-phallus. Nous entrâmes dans ses appartements.

« Je savais désormais qu’elle avait l’intention de me faire asseoir sur ses genoux et de me fesser avec autant d’intimité qu’avec le Prince Gérald. J’étais pris dans un tourbillon d’expectatives. Je ne savais pas comment je parviendrais à empêcher mon pénis de se décharger de cet insatiable désir. Elle m’examina et conclut que la coupe avait besoin d’être vidée afin de pouvoir se remplir à nouveau. Ce n’était pas que je dusse être récompensé. Cependant, elle envoya chercher une magnifique petite Princesse. Sur-le-champ, la jeune fille prit mon organe dans sa bouche, et à peine l’avait-elle sucé que mon désir explosa en elle. La Reine observait tout ceci ; elle me caressait le visage, examinait mes yeux, et mes lèvres, puis elle pria la Princesse de me réveiller promptement.

« C’était sa forme de torture à elle. Mais je fus bientôt aussi insatisfait qu’auparavant, et prêt à subir l’épreuve d’endurance de la Reine. Je fus placé sur ses genoux, exactement comme je l’avais soupçonné.

« Vous avez été dûment fessé par le Chevalier Félix, commença-t-elle. Vous avez été bien fessé par les garçons d’écurie et les cuisiniers aux cuisines. Croyez-vous qu’une femme puisse fesser aussi fort qu’un homme ? » J’en pleurais déjà. Je ne puis physiquement décrire l’émotion que je ressentais. Peut-être l’avez-vous ressentie lorsque vous étiez vous-même sur ses genoux la nuit dernière. Ou lorsque le Prince vous avait couchée dans la même position. Ce n’est pas pire que de se retrouver renversé à cheval sur les genoux d’un Page, ou les mains liées sur la tête, ou même aplati sur un lit ou sur une table. Je ne puis l’expliquer. Mais on se sent tellement plus désemparé sur les genoux de son maître ou de sa maîtresse.

La Belle approuva en hochant la tête. C’était très vrai. Et elle l’avait ressenti, courbée en deux sur les genoux de la Reine : elle avait perdu tout son sang-froid.

— Par cette seule position, on peut enseigner toute la docilité et toute la soumission du monde, expliqua le Prince Alexis. Eh bien, il en fut ainsi avec moi. J’étais couché sur ses genoux, la tête ballante, les jambes écartées. Elle voulait que je les écarte légèrement, et naturellement je devais cambrer les reins et tenir mes mains nouées derrière le dos comme on vous l’a enseigné. Il me fallait veiller à ce que mon pénis ne touche pas l’étoffe de sa robe, quoique j’en eusse tout le désir du monde. Et puis elle entreprit de me fesser. Elle me montra chaque battoir en me commentant ses défauts et ses vertus. Il y avait celui-ci, qui était léger ; il était mordant ; et il était rapide. Un autre plus lourd, tout aussi fuselé, causait plus de douleur et devait être utilisé avec prudence.

« Elle commença de me fesser avec force. Et comme avec vous, elle me massait les fesses, et pinçait quand elle en avait l’envie. Mais elle œuvrait avec régularité. Elle fessait dur et longtemps jusqu’à ce que la douleur se fasse terrible, et que je me sente plus désemparé que jamais dans ma vie.

« Il me semblait que l’impact de chaque coup se propageait dans mes membres. Bien sûr, mes fesses en absorbaient le premier choc. Mais la douleur les traversait et m’envahissait, et tout ce que je pouvais faire, c’était frémir sous le coup, frissonner à chaque bonne fessée, et gémir chaque fois plus fort, mais sans jamais laisser entendre par le moindre signe que je demandais pitié.

« La Reine était absolument ravie de cette démonstration de souffrance. Comme je vous l’ai dit, elle l’avait encouragée. Fréquemment, elle me relevait le visage, séchait mes larmes et me récompensait de baisers. Quelquefois, elle me faisait dresser à genoux sur le sol. Elle examinait mon pénis et me demandait s’il n’était pas sien. Je m’écriais : « Oui, Votre Majesté, tout en moi est à vous. Je suis votre esclave obéissant. » Elle appréciait cette réponse, et m’enjoignait de ne pas hésiter à lui apporter de longues réponses pleines de dévouement.

« Mais elle était tout à fait déterminée. Elle reprit le battoir assez vite, me fit courber de nouveau sur ses genoux, et se mit à me fesser, des coups lourds et forts. Bientôt je gémissais entre mes dents serrées. Je n’avais nulle fierté, rien de cette dignité que vous montrez encore, à moins que j’en fusse tout à fait inconscient Finalement, elle m’annonça que mes fesses étaient d’une couleur parfaite.

« Elle détestait d’avoir à me punir encore, tant elle admirait cette couleur qu’elle avait obtenue, mais il lui fallait connaître mes limites.

« « Vous repentez-vous d’avoir été un petit Prince si désobéissant ? » me demanda-t-elle. « J’en suis très désolé, Votre Majesté », lui répondis-je dans mes sanglots. Mais elle continua de me fesser. Je ne pus m’empêcher de serrer les fesses et de les remuer comme si cela pouvait en un sens diminuer la douleur, et je pus entendre son rire, comme si cela la ravissait.

« Quand elle en eut enfin terminé, et lorsqu’elle m’eut forcé à me remettre à genoux, m’ordonnant de venir m’agenouiller face à elle, je sanglotais aussi frénétiquement qu’une jeune Princesse.

« Elle m’essuya le visage, me sécha les yeux, et me donna un généreux baiser avec toute sortes de doux agacements. Je serais son valet, disait-elle, le maître de sa garde-robe. Moi seul l’habillerais, la coifferais, et prendrais soin d’elle. J’aurais beaucoup à apprendre, mais elle m’enseignerait tout elle-même. Je serai très pur.

« Naturellement, cette nuit-là, je croyais avoir enduré le pire : de simples soldats s’étaient joués de moi sur la route du château, on avait abusé de moi d’effrayante manière aux cuisines. J’avais été brutalement humilié par ce rustaud de garçon d’écurie, et j’étais à présent l’esclave abject de ses plaisirs, mon âme lui appartenait tout entière, avec tout mon corps. Que cette pensée était stupide ! Le pire était à venir.

Le Prince Alexis marqua un temps de silence et baissa les yeux sur la Belle qui était étendue, la tête contre sa poitrine.

Elle s’efforçait de dissimuler ses sentiments. Elle ne savait pas vraiment ce qu’elle ressentait, si ce n’est que cette histoire l’avait excitée. Elle se représentait chacune des humiliations qu’Alexis avait décrites, et quoique cela suscitât la peur en elle, il en allait de même de son désir.

— Cela fut bien plus facile pour moi, reconnut-elle humblement, mais ce n’était pas là ce qu’elle voulait exprimer.

— Je ne suis pas certain que cela soit vrai, reprit Alexis. Voyez-vous, après le rude traitement des cuisines, quand j’étais devenu moins qu’un animal aux yeux de mes ravisseurs, être l’esclave docile de la Reine me fut aussitôt comme une libération.

— Voilà ce que l’on entend par céder, murmura-t-elle. Et je dois y parvenir, par un autre chemin.

— À moins… à moins que vous ne fassiez quelque chose pour être vilement punie, mais cela pourrait vous demander trop de courage. Et cela pourrait ne pas s’avérer nécessaire, car on vous a d’ores et déjà arraché un peu de votre dignité.

— Cette nuit, je n’avais aucune dignité, protesta la Belle.

— Oh si, vous en aviez, vous en aviez beaucoup, sourit Alexis. Mais pour continuer mon récit, cette fois-là, je n’avais cédé qu’à mon Seigneur garçon d’écurie et à la Reine. Et une fois que je fus entre ses mains, j’oubliai complètement mon Seigneur garçon d’écurie. J’étais la propriété de la Reine. Je songeai à mes membres, à mes fesses, à mon pénis, comme à ses propriétés. Mais moi, pour céder vraiment, il fallait que j’en passe par une bien plus profonde mise à nu et par une discipline bien plus rude…

 

L'initiation
titlepage.xhtml
Rice,Anne-[Infortunes de la Belle au Bois dormant-1]L'initiation(1983).French.ebook.AlexandriZ_split_000.html
Rice,Anne-[Infortunes de la Belle au Bois dormant-1]L'initiation(1983).French.ebook.AlexandriZ_split_001.html
Rice,Anne-[Infortunes de la Belle au Bois dormant-1]L'initiation(1983).French.ebook.AlexandriZ_split_002.html
Rice,Anne-[Infortunes de la Belle au Bois dormant-1]L'initiation(1983).French.ebook.AlexandriZ_split_003.html
Rice,Anne-[Infortunes de la Belle au Bois dormant-1]L'initiation(1983).French.ebook.AlexandriZ_split_004.html
Rice,Anne-[Infortunes de la Belle au Bois dormant-1]L'initiation(1983).French.ebook.AlexandriZ_split_005.html
Rice,Anne-[Infortunes de la Belle au Bois dormant-1]L'initiation(1983).French.ebook.AlexandriZ_split_006.html
Rice,Anne-[Infortunes de la Belle au Bois dormant-1]L'initiation(1983).French.ebook.AlexandriZ_split_007.html
Rice,Anne-[Infortunes de la Belle au Bois dormant-1]L'initiation(1983).French.ebook.AlexandriZ_split_008.html
Rice,Anne-[Infortunes de la Belle au Bois dormant-1]L'initiation(1983).French.ebook.AlexandriZ_split_009.html
Rice,Anne-[Infortunes de la Belle au Bois dormant-1]L'initiation(1983).French.ebook.AlexandriZ_split_010.html
Rice,Anne-[Infortunes de la Belle au Bois dormant-1]L'initiation(1983).French.ebook.AlexandriZ_split_011.html
Rice,Anne-[Infortunes de la Belle au Bois dormant-1]L'initiation(1983).French.ebook.AlexandriZ_split_012.html
Rice,Anne-[Infortunes de la Belle au Bois dormant-1]L'initiation(1983).French.ebook.AlexandriZ_split_013.html
Rice,Anne-[Infortunes de la Belle au Bois dormant-1]L'initiation(1983).French.ebook.AlexandriZ_split_014.html
Rice,Anne-[Infortunes de la Belle au Bois dormant-1]L'initiation(1983).French.ebook.AlexandriZ_split_015.html
Rice,Anne-[Infortunes de la Belle au Bois dormant-1]L'initiation(1983).French.ebook.AlexandriZ_split_016.html
Rice,Anne-[Infortunes de la Belle au Bois dormant-1]L'initiation(1983).French.ebook.AlexandriZ_split_017.html
Rice,Anne-[Infortunes de la Belle au Bois dormant-1]L'initiation(1983).French.ebook.AlexandriZ_split_018.html
Rice,Anne-[Infortunes de la Belle au Bois dormant-1]L'initiation(1983).French.ebook.AlexandriZ_split_019.html